Fiche de personnage - ROLLER.751

Mr La Chèvre

Syndicat des Travailleurs du Cartel
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7 Novembre 2025
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Bonjour/Bonsoir, me revoilà avec une nouvelle fiche de personnage et cette fois-ci elle est pour mon personnage de la PC. Avant toute chose, ce personnage est l'un de mes premiers personnages que j'ai joués sur un serveur Hl2RP (il y a plus de 10 ans), j'ai demandé la permission à Eclipse afin de faire revenir ce personnage. Rouge m'a donné des idées pour pouvoir l'intégrer (Incident majeur - Rétrogradation). Mon personnage est mon 04 (ou i4 ici) que je jouais sur un vieux serveur.

Petit avertissement : Cette fiche est très longue, +/- 32 pages.
Je travaille sur cette fiche depuis le 17/12, avec des éléments sur lesquels j'avais déjà travaillé il y a bien longtemps. C'est un peux comme un résumer de mon temps sur mon tout premier serveur HL2RP (mieux raconter bien sur et avec du recule)

Bien sûr, il y a des éléments des vieux serveurs Hl2RP que je ne vais pas reprendre (Les dark sasuke, les moments un peu troll/moins sérieux et les trucs type "lavage de cerveau" à partir d'un certain grade. J'ai converti cette fiche pour qu'elle respecte le lore et les règles mises en place sur le serveur. La majorité des événements (hors background citoyen et raison de la rétrogradation) sont arrivés en roleplay. Bien sûr, j'ai tourné les phrases pour ne pas que ça transpire le roleplay qui avait lieu il y a 10 ans (et encore heureux), les personnes ayant commencé le roleplay dans ces eaux-là ou même avant savent de quoi je parle.

Je ne vais pas prolonger cette introduction, je voulais juste vous introduire un peu ce personnage avant de rentrer dans l'histoire elle-même. J'espère qu'elle vous plaira et j'essaierai de faire moins long les prochaines fois ^^.

Bonne lecture !



FICHE PERSONNAGE – PROTECTION CIVILE


I — IDENTITÉ CIVILE & ORIGINES



Nom : Solberg
Prénom : Einar
Date de naissance : 14 février 1968
Lieu de naissance : Trondheim, Norvège
Groupe sanguin : O−

Père : Kjell Solberg — Charpentier naval (chantiers du fjord de Trondheim)
Mère : Astrid Solberg — Institutrice (enseignement public primaire)



Trondheim : une ville qui forge, pas qui console



Trondheim n’est pas une ville accueillante. Elle ne cherche pas à plaire. Elle impose. Le vent venu du fjord mord la peau, la neige s’accumule sans jamais vraiment disparaître, et le ciel bas donne l’impression constante que quelque chose pèse au-dessus des habitants. C’est ici qu’Einar Solberg voit le jour, en 1977, dans une Europe du Nord déjà marquée par les premières fissures économiques et sociales de la fin du XXᵉ siècle.

Le quartier où il grandit est composé d’immeubles fonctionnels, construits pour durer, pas pour être beaux. Les façades sont ternes, les cages d’escalier résonnent, et les appartements conservent l’humidité malgré les tentatives répétées de rénovation. Les familles y vivent serrées, mais pas misérables. On ne parle pas de rêves, on parle de travail, de contrats, de météo. L’avenir n’est pas une promesse, c’est une inquiétude lointaine.

Dans cet environnement, la famille Solberg n’est ni privilégiée ni marginale. Elle est représentative. Un foyer qui tient parce qu’il n’a pas le choix.



Kjell Solberg : le père et la loi du réel



Kjell Solberg travaille comme charpentier naval sur les chantiers du fjord. Son quotidien est fait de métal froid, de bois traité, de pièces lourdes qu’il faut ajuster au millimètre. En mer, l’approximation tue. Cette idée façonne toute sa manière de vivre.

Kjell est un homme massif, usé avant l’heure, dont le corps porte les marques du travail plus sûrement que n’importe quel uniforme. Ses mains sont larges, entaillées, durcies par les années. Il parle peu. Non par mépris, mais par économie. Chez lui, les mots doivent servir à quelque chose. Un compliment n’est jamais gratuit. Un reproche n’est jamais inutile.

Avec son fils, il n’est ni tendre ni cruel. Il est exigeant. Il ne lui apprend pas à parler, il lui apprend à tenir. Tenir une pièce, tenir une charge, tenir une décision. Les leçons se font sans discours. Un regard suffit. Une correction aussi. Einar apprend très tôt que le monde ne s’adaptera pas à lui. C’est à lui de s’adapter.



Astrid Solberg : la stabilité silencieuse



Astrid Solberg enseigne dans une école primaire publique. Elle rentre souvent fatiguée, des cahiers sous le bras, l’esprit encombré par des classes surchargées et des moyens insuffisants. Pourtant, elle reste le point fixe du foyer.

Astrid ne parle pas fort. Elle n’élève pas la voix. Elle organise. Elle structure. Quand quelque chose va mal, elle ne dramatise pas : elle agit. Un repas chaud, un planning clair, une présence constante. Quand Einar est malade, elle veille sans l’étouffer. Quand il a peur, elle s’assoit près de lui et attend que cela passe.

Elle comprend très tôt que son fils n’est pas un enfant expansif. Elle ne cherche pas à le changer. Elle l’accompagne. Là où Kjell forge la résistance, Astrid maintient l’équilibre.



Enfance : un garçon discret dans un monde bruyant



Einar est un enfant calme. Pas effacé, mais discret. À table, il écoute plus qu’il ne parle. À l’école, il respecte les règles sans chercher à les contourner. Il n’est ni le premier ni le dernier. Il est constant.

Les autres enfants le perçoivent comme distant. Pas hostile, mais fermé. On l’oublie facilement pendant les jeux, puis on vient le chercher quand il faut porter, réparer, aider. Einar n’en prend pas ombrage. Il accepte naturellement ce rôle.

Il aime comprendre comment les choses fonctionnent. Il démonte une radio, une lampe, un mécanisme simple. Pas par destruction, mais par curiosité méthodique. Lorsqu’il casse, il ne pleure pas. Il recommence. Mieux.

Son père lui apprend sans paroles. Sa mère observe et ajuste. Peu à peu, Einar développe une qualité rare pour son âge : la patience.



Discipline, endurance et premiers réflexes



Chez les Solberg, les règles ne se négocient pas. Elles existent pour éviter le chaos. Einar apprend à se lever tôt, à ranger, à finir ce qu’il commence. Il apprend que la fatigue n’est pas une excuse, seulement un état à traverser.

Lorsqu’il est puni, il encaisse. Il analyse. Il corrige. Sa colère est rare, mais lorsqu’elle apparaît, elle ne s’exprime pas. Elle se replie. Elle devient silence.

C’est durant ces années qu’il assimile une vérité fondamentale : ceux qui tiennent ne sont pas forcément ceux qui crient le plus fort. Ce sont ceux qui ne lâchent pas.



Une enfance sans drame, mais sans illusion



Il n’y a pas de tragédie dans son enfance. Pas encore. Pas de coups, pas de cris, pas de misère extrême. Mais il y a une tension permanente. Les conversations d’adultes parlent de travail qui se raréfie, de coûts qui augmentent, d’un monde qui change trop vite.

Einar écoute. Il comprend que la stabilité est fragile. Que ce qu’on possède peut disparaître. Cette compréhension ne le rend pas anxieux. Elle le rend prudent.



La famille comme seul refuge



Pour Einar, la famille devient très tôt le seul espace sûr. Un territoire limité, mais solide. Avec son père, l’affection passe par les gestes : un manteau posé sur les épaules, une lampe laissée allumée. Avec sa mère, elle passe par la continuité : un repas, un mot bref, une présence constante.

Il ne le dira jamais à voix haute, mais une certitude s’ancre en lui : si la famille tombe, tout tombe.

Cette idée ne le quittera jamais.



Fin du Chapitre I .

II — ADOLESCENCE & ÂGE ADULTE AVANT LA GUERRE DES 7 HEURES


Adolescence : un corps qui précède les mots



À l’adolescence, Einar n’est déjà plus un enfant. Son corps le trahit avant son esprit : large d’épaules, ossature épaisse, mains trop grandes pour son âge. Là où d’autres garçons s’affinent, lui s’épaissit. Le travail du père y est pour beaucoup. Dès qu’il est en âge d’aider sérieusement, il passe ses fins de journée et ses vacances sur les chantiers navals, à porter, maintenir, serrer, nettoyer. Le froid, le bruit du métal, la fatigue deviennent familiers.

Il ne se plaint jamais. Pas parce qu’il n’a pas mal, mais parce qu’il a compris très tôt que la plainte n’allège rien. Les bleus, les coupures, les douleurs dans le dos ne sont pas verbalisés. Elles sont intégrées. Avalées. Transformées en silence.

À l’école, cette carrure lui donne une réputation paradoxale. On le respecte sans vraiment le connaître. Certains le craignent un peu. D’autres tentent de le provoquer, pour voir. Il ne cherche jamais la bagarre. Mais lorsqu’elle vient à lui, elle est courte, brutale, sans colère apparente. Il frappe peu, mais juste. Ensuite, il s’éloigne. Aucun mot. Aucun triomphe.

Emotionnellement, Einar se ferme davantage. Ce n’est pas une fermeture douloureuse, mais une fermeture fonctionnelle. Il observe les autres adolescents parler, se vanter, s’emporter. Il ne comprend pas l’utilité de tout cela. Chez lui, les émotions existent, mais elles restent à l’intérieur, rangées, compressées. On ne les montre pas. On les maîtrise.



Premiers choix, premières fatigues



À seize ans, il quitte l’école sans drame. Les études longues ne l’attirent pas. Il ne cherche pas à “réussir”. Il cherche à être stable. Il enchaîne les emplois physiques : manutention, entrepôts, chantiers temporaires, parfois aux côtés de son père, parfois seul.

Son corps encaisse. Son esprit suit. Il développe une endurance qui impressionne les employeurs. Toujours à l’heure. Toujours présent. Jamais malade. Peu bavard. Les chefs l’apprécient sans vraiment le connaître. Les collègues lui font confiance sans vraiment lui parler.

Dans sa tête, il n’y a pas de grand projet. Juste une ligne droite : travailler, rentrer, dormir, recommencer. Cette répétition l’apaise. Elle lui donne une forme de contrôle sur un monde qu’il perçoit déjà comme instable.



La rencontre et la construction d’un foyer



Il rencontre Ingrid au début de la vingtaine. Rien de spectaculaire. Pas de coup de foudre. Une présence qui s’installe lentement. Ingrid parle plus que lui. Elle comble les silences sans les briser. Elle comprend rapidement qu’Einar n’est pas un homme de mots, mais d’actes.

Il l’aime sans le dire. Il le montre en réparant, en protégeant, en restant. Lorsqu’ils s’installent ensemble, leur vie est simple. Fonctionnelle. Stable. Einar travaille beaucoup. Ingrid accepte cette absence partielle, parce qu’il est toujours là quand il faut.

La naissance de leur fille est un bouleversement silencieux. Einar ne pleure pas à l’hôpital. Il reste immobile, tendu, comme s’il craignait de mal faire. Puis il prend l’enfant dans ses bras. Ses mains tremblent légèrement. Personne ne le remarque. Lui, si.

Il devient un père présent, maladroit parfois, mais constant. Il ne sait pas dire “je t’aime”. Il le prouve en se levant plus tôt, en rentrant plus tard, en tenant plus longtemps.



La mort du père : la première fracture ouverte



La mort de Kjell Solberg ne ressemble pas à une fin. Elle ressemble à une interruption brutale, presque insultante par sa simplicité. Un matin comme les autres. Un chantier. Une douleur dans la poitrine. Puis plus rien.

Einar apprend la nouvelle par un appel bref, maladroit, d’un contremaître qui ne sait pas quoi dire. Les mots sont techniques, imprécis. « Arrêt cardiaque ». « Les secours n’ont rien pu faire ». Il remercie, raccroche, reste debout au milieu de la pièce. Il ne tombe pas. Il ne s’assoit pas. Il reste immobile, comme si son corps refusait d’intégrer l’information.

Quand il arrive à l’hôpital, le corps est déjà froid. Kjell est là, allongé, figé dans une posture qui n’est pas la sienne. Einar reste longtemps à le regarder. Il reconnaît ses mains. Les mêmes que les siennes. Les mêmes veines saillantes. Il pose la sienne dessus. Il comprend alors, avec une brutalité sans filtre, que plus jamais ces mains ne corrigeront les siennes.

Ce jour-là, Einar ne pleure pas. Pas encore. Il serre les dents. Il encaisse. Il fait ce qu’il a appris toute sa vie : tenir.

Les jours suivants sont mécaniques. Il organise l’enterrement. Il parle à la place de sa mère. Il répond aux questions. Il signe des papiers. Tout est sous contrôle apparent.

C’est la nuit, seul, que la première fissure cède. Assis sur le sol de l’ancien appartement familial, entouré des outils de son père, Einar craque. Ce n’est pas un sanglot bref. C’est un effondrement. Long, silencieux, douloureux. Il pleure jusqu’à avoir mal au ventre, jusqu’à ne plus sentir ses jambes. Il s’excuse à voix basse. Il promet des choses absurdes. Il reste là jusqu’à l’aube.

Il se relève. Il retourne travailler. Personne ne le remarque. C’est ainsi qu’il fonctionne.



Astrid Solberg : la lente disparition



La mort de Kjell emporte avec elle l’équilibre fragile d’Astrid. Elle ne tombe pas malade brutalement. Elle s’éteint par couches successives. Elle oublie de manger. Elle oublie de sortir. Elle parle de moins en moins.

Einar tente d’être présent. Plus qu’il ne l’a jamais été. Il passe après le travail. Il répare des choses qui n’ont pas besoin de l’être. Il reste assis dans la cuisine, parfois sans parler pendant des heures. Ingrid est là aussi. Elle prépare les repas. Elle parle doucement. Elle tente de remplir les silences.

Astrid sourit parfois. Elle dit que tout va bien. Einar sait que c’est faux. Mais il ne sait pas comment lutter contre quelqu’un qui a décidé de ne plus tenir.

Les semaines passent. Puis les mois. Astrid devient plus légère. Presque fragile. Un matin, Einar la retrouve étendue dans son lit, paisible, trop paisible. Cette fois, il comprend immédiatement.

Il appelle les secours. Il exécute les gestes. Mais dès qu’on lui confirme ce qu’il sait déjà, quelque chose en lui cède complètement.

Il s’effondre. Devant tout le monde. Les genoux au sol. La respiration coupée. Il pleure sans retenue, sans contrôle, sans dignité. Toutes les émotions qu’il a contenues pendant des années remontent d’un seul coup. La peur. La fatigue. La solitude.

Ingrid est là. Elle le prend dans ses bras. Elle le laisse pleurer contre elle sans rien dire. Pour la première fois, Einar ne tient plus. Il s’accroche.

Les jours suivants sont flous. Il ne travaille plus pendant un temps. Il dort mal. Il se lève en sursaut. Il pleure dans la salle de bain pour que sa fille ne le voie pas.

Astrid est enterrée à côté de Kjell. Quand la terre retombe, Einar comprend qu’il vient de perdre son dernier repère d’enfance.



Reconstruire sans guérir



Einar se relève. Lentement. Par nécessité. Pas par choix. Ingrid devient son pilier. Elle ne le force pas à parler. Elle ne lui demande rien. Elle est là. Constante.

Il reprend le travail. Il fonctionne. Mais quelque chose s’est définitivement déplacé en lui. Les émotions ne sont plus simplement contenues. Elles sont enfouies plus profondément. Comme si les laisser remonter à nouveau pouvait le détruire.

Il aime toujours sa femme. Sa fille devient sa raison de se lever. Mais il a appris une vérité qu’il n’oubliera jamais : on peut tout faire correctement, aimer profondément, et perdre quand même.

Cette certitude restera.



Fin du Chapitre II .

III — LA GUERRE DES 7 HEURES : SURVIVRE AVANT D’OBÉIR


La chute brutale



La Guerre des 7 Heures ne commence pas par un front. Elle commence par la désintégration de tout ce qui faisait tenir le monde debout.

En 2016, Einar a trente-neuf ans. Il est chez lui quand le ciel change. Pas une explosion immédiate. Une lumière étrangère. Un grondement continu, profond, qui traverse les murs, le sol, la poitrine. Les communications tombent presque aussitôt. Les informations deviennent incohérentes. Ingrid comprend avant lui que quelque chose d’irréversible est en train de se produire.

Ils prennent leur fille. Ils sortent. Comme tout le monde.



Survivre pendant la guerre



Pendant plusieurs heures — peut‑être des jours, Einar ne saura jamais exactement — il ne s’agit plus de comprendre, seulement de survivre.

Ils se déplacent à pied. Ils se cachent dans des bâtiments éventrés. Ils dorment peu. Ingrid serre leur fille contre elle en permanence. Einar reste à l’arrière, guette, bloque, protège. Pas comme un héros. Comme un père.

Il voit des choses qu’il n’aurait jamais cru possibles. Des soldats balayés sans combat. Des civils réduits au silence par des machines qui ne ralentissent même pas. Le monde humain ne s’effondre pas avec fracas. Il est simplement écrasé.

Il apprend très vite une règle simple : ne pas attirer l’attention.



La séparation



La séparation n’est pas un choix. Elle arrive lors d’un tri improvisé, plusieurs heures après la fin réelle des combats.

Des silhouettes masquées, inhumaines, dirigent les flux humains. Les ordres sont courts. Incontestables.

Einar tente de rester avec Ingrid. On le repousse.

Il attrape la main de sa fille une dernière fois. Elle pleure. Ingrid crie son nom.

Puis le flux les sépare.

Pas de dernier regard.



Les semaines de survie



La guerre est terminée. Le monde ne l’est pas.

Pendant plusieurs semaines, Einar survit dans un entre‑deux. Des bâtiments de fortune. Des regroupements temporaires. Des rations distribuées sans explication. Les survivants sont comptés, triés, déplacés.

Il cherche Ingrid. Il interroge. Il observe les listes. Il apprend à se taire pour continuer à exister.

L’espoir devient une douleur constante.



La relocalisation



Lorsque les premières cités sont officiellement mises en place, Einar est envoyé dans un secteur civil récemment sécurisé.

On lui promet que les familles seront regroupées.

Il y croit.



Retrouver ce qu’il restait



Ce n’est que plusieurs semaines plus tard qu’on l’affecte à une opération de nettoyage dans un ancien secteur civil.

Il reconnaît le quartier avant même d’entrer dans le bâtiment.

Un détail.

Le manteau d’Ingrid, accroché à une chaise renversée. Usé aux manches. Recousu à l’intérieur de la poche gauche.

Einar s’arrête.

Il sait.



Identifier l’impensable



Les corps ont été déplacés. Alignés. Neutralisation secondaire après infestation.

Il s’approche.

Ingrid est méconnaissable, mais il reconnaît ses cheveux. La manière exacte dont une mèche tombe toujours au même endroit. Il reconnaît la bague rayée qu’il lui a offerte. Il tombe à genoux.

Le second corps est plus petit.

Il tremble en s’approchant.

La veste est trop grande. Ingrid l’achetait toujours trop large. Sur la manche, une couture en forme d’étoile, faite un dimanche après‑midi.

Il la touche.

Sa main se referme.

Einar crie. Cette fois vraiment. Un cri rauque, incontrôlé, qui le plie en deux. Il sanglote. Il hurle leurs noms. Il frappe le sol jusqu’à s’arracher la peau.

Il reste là longtemps. Parle. S’excuse. Promet. Supplie quelque chose qui n’écoute plus.



Ce qui se brise définitivement



Quand il se relève, il n’y a plus rien à sauver.

Les larmes ont tout vidé. Les émotions ont brûlé ce qu’il restait.

Il quitte le bâtiment seul.



Le refuge de l’ordre



Plus tard, beaucoup plus tard, Einar comprendra pourquoi il s’est accroché au Cartel.

Ce n’était pas par foi.

C’était parce que l’ordre écrase le chaos.

Et que le chaos lui avait tout pris.



Fin du Chapitre III.

IV — L’APRÈS-GUERRE : TENIR SANS SE TAIRE


Revenir parmi les vivants



Einar ne revient pas à la vie. Il revient parmi les vivants. La nuance est importante.

Après la découverte d’Ingrid et de sa fille, il n’y a pas de convalescence émotionnelle. Personne ne lui en accorde. Le monde d’après n’a pas le temps pour les hommes brisés. Il faut nettoyer, trier, reconstruire, produire.

Einar obéit.

Il parle peu, mais il n’est pas absent. Son regard est dur, concentré, presque tranchant. Les larmes ont cessé, non parce que la douleur est partie, mais parce qu’elle a changé de forme. Elle s’est tassée. Compactée. Transformée en quelque chose de plus froid.



La discipline comme ossature



Dans les premiers mois suivant la guerre, Einar apprend les règles implicites du nouvel ordre. Où se tenir. Quand parler. Quand se taire. À qui obéir.

Il n’a aucun mal à s’y adapter. Il comprend vite que la survie ne dépend plus de la force brute, mais de la discipline visible. Ceux qui respectent les lignes vivent plus longtemps. Ceux qui questionnent disparaissent.

Einar ne questionne pas.

Il devient un citoyen que l’on remarque peu, mais sur lequel on peut compter. Toujours présent aux convocations. Toujours à l’heure. Toujours conforme.



Le travail comme anesthésiant



On l’affecte à des tâches physiques. Déblaiement. Transport. Maintenance. Tout ce qui demande un corps solide et peu de paroles.

Cela lui convient.

Le travail écrase les pensées. La fatigue réduit les souvenirs au silence. Lorsqu’il rentre dans son logement impersonnel, il s’assoit parfois longtemps sans bouger. Il ne dort pas toujours. Mais il ne crie plus.

Il rêve rarement. Quand cela arrive, il se réveille brusquement, le cœur battant, les mâchoires serrées.



La colère dirigée



Einar observe les autres survivants. Ceux qui se plaignent. Ceux qui contestent. Ceux qui parlent de résistance.

Il ne les comprend pas.

Pour lui, le chaos a déjà tout détruit. Chaque émeute, chaque refus d’obéir, chaque tentative de désordre lui apparaît comme une menace directe. Une répétition du pire.

Sa colère existe. Elle est réelle. Mais elle est dirigée.

Elle ne s’exprime pas en cris, mais en jugement silencieux. En mépris contenu. En distance.



La micro-dépression



Il y a des jours où Einar fonctionne parfaitement. Et des nuits où il se sent vide. Pas triste. Vide.

Il mange parce que c’est l’heure. Il dort parce que le corps cède. Il se lève parce que le règlement l’exige.

Il ne cherche plus le réconfort humain. Il n’évite pas les gens. Il les tient à distance.



Le regard vers la Protection Civile



La Protection Civile n’apparaît pas à Einar comme une autorité abusive. Elle apparaît comme une barrière.

Une ligne entre le chaos et ce qui reste.

Il observe les unités patrouiller. Le calme qu’elles imposent. La manière dont les attroupements se dispersent. Dont les voix se taisent.

Il ne ressent pas d’admiration.

Il ressent du soulagement.



La décision



La décision de rejoindre la Protection Civile ne se fait pas sur un coup de tête. Elle mûrit lentement.

Il comprend que rester simple citoyen, c’est subir le désordre des autres. Rejoindre la Protection Civile, c’est participer à son écrasement.

Il ne cherche pas le pouvoir. Il cherche la fin du chaos.

Alors il s’inscrit.

Sans discours. Sans justification.



Fin du Chapitre IV.

V — PREMIÈRE INCORPORATION DANS LA PROTECTION CIVILE (C8)


Dossier d’entrée — (ARCHIVE OBSOLÈTE)




DOSSIER PERSONNEL – PROTECTION CIVILE
Identité civile Solberg, Einar (origine norvégienne)
Date de naissance14/02/1977
Âge lors de la clôture du dossier46 ans
Groupe sanguin O−
Affectations connuesC8 → C14 → C45 → C17/D47 → C8
Dernier grade enregistré04/i4
Matricule46973
Statut du dossierOBSOLÈTE — CLASSÉ SUITE À INCIDENT MAJEUR

ÉVALUATION PHYSIQUE
Aptitude généraleExcellente malgré âge avancé
EnduranceSupérieure à la moyenne.
Résistance au stressÉlevée.
Temps de récupération Lent mais constant.

ÉVALUATION COMPORTEMENTALE
CommunicationMinimale. Strictement fonctionnelle.
Discipline Exemplaire.
Initiative Élevée — prise d’initiative régulière en situation dégradée, dans le strict cadre du protocole.
Loyauté Jugée élevée à l’ordre établi, non idéologique, fondée sur la stabilité opérationnelle.

NOTES DE SUPÉRIEURS (EXTRAITS — SUR 3 ANNÉES DE SERVICE)
« Solberg agit sans attendre l’ordre lorsqu’une situation menace de dégénérer. Toujours dans le cadre du protocole. »
« Sujet distant avec ses pairs. Contacts sociaux réduits au strict nécessaire. Froid mais non conflictuel. »
« Attitude respectueuse envers la hiérarchie, mais absence manifeste de confiance affective. »
« Méfiance progressive envers les unités supérieures observée après redéploiements successifs. »
« Continue à se porter volontaire pour les secteurs instables malgré blessures antérieures. »
« A servi de point d’ancrage opérationnel pour des équipes sous pression. »
« Initiative élevée en patrouille : sécurisation anticipée, gestion autonome des civils. »
« Détachement émotionnel marqué dans toutes les interactions. »

MENTIONS RESTREINTES — ACCÈS LIMITÉ
▮▮▮▮▮▮▮▮▮▮▮▮▮▮▮▮▮▮
▮ Blessure crânienne sévère — C8, dernier déploiement
▮ Traumatisme causé par action disciplinaire d’une unité supérieure (classification interne)
▮ Fracture du casque réglementaire — remplacement immédiat
▮ Hospitalisation Nexus — pronostic vital engagé (court terme)
▮ Séquelles : céphalées chroniques, troubles de l’équilibre temporaires
▮ Absence de dépôt de plainte — déclaration du sujet : « inutile »
▮ Incident qualifié MAJEUR par l’administration
▮ Clôture du dossier 46973 — rétrogradation disciplinaire validée

NOTE FINALE
Profil considéré comme opérationnel mais instable à long terme en raison d’un cumul d’événements non résolus.


Ce dossier ne reflète pas l’état actuel du sujet. Toute référence ultérieure doit se baser sur le dossier de réintégration disciplinaire (C24).

L’arrivée tardive



Einar se présente au centre de recrutement sans emphase. Pas d’idéalisme. Pas de discours. Il remplit les formulaires, répond aux questions strictement nécessaires, signe là où on lui indique.

À quarante-quatre ans, il est plus vieux que la majorité des recrues. Les instructeurs le voient immédiatement. Les autres recrues aussi. Il ne cherche pas à se fondre dans la masse ; il s’y installe.

Son corps est déjà marqué par des années de travail. Les gestes sont précis, économes. Il encaisse mieux que les plus jeunes, mais récupère plus lentement. Il ne se plaint jamais.



La formation de recrue



La formation est brutale, répétitive, volontairement humiliante. Les ordres sont hurlés. Les erreurs sont sanctionnées. La fatigue est un outil pédagogique.

Einar ne brille pas. Il ne cherche pas à briller. Il applique.

Les tests physiques ne lui posent pas de problème majeur. Les tests théoriques, en revanche, révèlent un décalage. La mémorisation rapide, les procédures codifiées, les automatismes radio demandent plus de temps.

Il échoue.

Puis encore.

Puis encore.

Quatre fois.

À chaque échec, le regard des instructeurs se durcit. Celui des autres recrues change. Certains ricanent. D’autres l’ignorent.

Einar encaisse.

Il recommence.



La promotion au grade i5



Au bout de deux mois, il obtient finalement la validation.

La réussite n’est pas spectaculaire. Elle est laborieuse. Mais elle est totale.

Il devient i5.

Cette promotion tardive laisse une trace dans son dossier : "persévérance remarquable malgré difficultés d’adaptation".



Temps de service en tant qu’i5 — C8



En tant qu’i5, Einar se voit confier les tâches ingrates : encadrement des nouvelles recrues, patrouilles longues, secteurs instables.

Il s’acquitte de tout sans commentaire.

Il prend sous son aile les plus fragiles, sans jamais se présenter comme un mentor. Il corrige par l’exemple. Replace un geste. Montre une posture. Rappelle un protocole d’une phrase sèche.

Les recrues comprennent vite : Solberg ne parle pas beaucoup, mais quand il parle, c’est utile.



Passage au grade i4



La montée en grade arrive sans fanfare.

i4.

Il accepte la responsabilité sans changement d’attitude. Il continue à travailler dans les zones dangereuses. C8, puis des secteurs annexes. C14. C45.

Les rapports le mentionnent comme "fiable, résistant, peu communicatif".



La tentative de meurtre — unité i3



Lors d’une patrouille en zone interdite, Einar marche en tête. L’unité i3 ferme la marche.

Un coup de feu.

Dans le dos.

Einar s’effondre sans comprendre immédiatement. La douleur est violente, paralysante. Il sent le sang, la chaleur, puis le froid.

L’unité i3 ne s’arrête pas.

Il le laisse.

Einar rampe. Lentement. Chaque mouvement est une décision. Chaque mètre est une victoire.

Il atteint le Nexus de justesse. S’effondre à l’entrée. Les unités présentes le sauvent.

Aucun rapport n’est déposé contre l’unité i3. Manque de preuves. Parole contre parole. L’unité a disparu.

Einar ne proteste pas.

Mais quelque chose change.



Convalescence et relocalisation



La blessure guérit. Lentement. Mal.

On décide de le relocaliser.

C17 — District 47.

Zone plus petite. Moins d’activité. Moins de pression. Une affectation discrète.

Einar y sert sans incident notable. Mais sa méfiance envers la hiérarchie s’installe. Silencieuse. Durable.



Fin du Chapitre V.

VI — RETOUR À C8, L’UNITÉ i2 ET LA CHUTE


Retour à C8 : un homme déjà marqué



Le retour à Cité 8 n’a rien d’un retour en terrain connu. Pour Einar Solberg, C8 n’est plus une cité : c’est un rappel permanent de ce qu’il a perdu et de ce qu’il est devenu.

Il revient avec un dossier lourd, un corps abîmé et une réputation qui le précède. Trois années de service se lisent sur lui comme sur un rapport non classifié : posture rigide, regard fermé, gestes précis mais sans chaleur. Il est i4, mais il ne ressemble plus à un cadre intermédiaire. Il ressemble à un homme qui a trop tenu.

Très vite, les autres unités prennent leurs distances. Pas par ordre officiel. Par instinct.

On murmure qu’il a survécu à une balle dans le dos. Qu’il a été déplacé sans explication. Qu’il ne fait jamais de rapport. Qu’il ne parle jamais de ce qu’il voit. Certains disent qu’il attire les ennuis. D’autres qu’il les encaisse à la place des autres.

Résultat : on l’évite.

Dans les couloirs du Nexus, les conversations s’arrêtent quand il passe. En patrouille, les unités modifient légèrement leur position pour ne pas se retrouver à côté de lui. Les recrues, surtout, développent une véritable appréhension à son égard. Pas une peur animale, mais une crainte plus sourde : celle d’être vu, évalué, jugé sans appel.

Solberg écoute. Toujours.

Il enregistre chaque hésitation, chaque erreur, chaque mauvaise posture. Les recrues le savent. Elles savent aussi qu’il n’oublie rien.

Contrairement aux rumeurs, il n’est pas absent ni fermé. Il est attentif. Dangereusement attentif.



Il continue d’encadrer.

Il aime encore transmettre, structurer, corriger. Mais sa manière a changé. Là où d’autres i4 amortissent, Solberg applique le protocole sans douceur. Il reprend sèchement. Il laisse une recrue se tromper jusqu’au bout pour que la leçon marque.

Ce n’est pas de la cruauté gratuite. C’est une rigueur froide, presque vengeresse, née de ce qu’il a lui-même subi.

Les recrues ne le décrivent plus comme un mur. Elles disent autre chose : « Il voit tout. » « Il attend que tu tombes juste assez pour que tu comprennes. »

Résultat, elles l’évitent. Non parce qu’il est incompétent ou violent, mais parce qu’il ne protège plus.

Elles préfèrent se tourner vers d’autres i4, ou même vers des i3 plus permissifs, paradoxalement moins exigeants que lui.

Solberg n’en prend pas ombrage.

Il constate.

Il ajuste.

Il continue.



Une exception : l’unité Helix



Il existe pourtant une exception.

Une unité Helix, i5 à l’époque, affectée à plusieurs patrouilles communes avec Solberg. Plus jeune. Plus rapide. Remarqué très tôt pour ses capacités d’analyse et sa gestion du terrain.

Entre eux, l’échange est différent.

Pas chaleureux.

Mais honnête.

Helix ne craint pas Solberg. Il le respecte. Il comprend son silence et n’essaie jamais de le remplir. Solberg, de son côté, accepte sa présence sans méfiance.

Quand Helix monte rapidement en grade — i3 — leur relation ne change pas. Ils continuent de se parler de la même façon. Sans formalisme excessif. Sans rappel de hiérarchie inutile.

Cette amitié discrète ne passe pas inaperçue. Elle alimente encore les rumeurs : Solberg serait ingérable, mais protégé. Faux.

Il est simplement compris par un seul.



L’unité i2 : la faute irréversible



L’unité i2 entre dans la vie opérationnelle d’Einar comme une autorité parmi d’autres. Plus petite que lui. Plus nerveuse. Plus dure.

Les premiers contacts sont strictement réglementaires. Ordres courts. Exécutions immédiates.

Puis vient l’incident.

Devant le Nexus, en pleine activité civile, l’i2 interprète une hésitation comme une remise en question. La sanction tombe.

Violente.

L’unité i2 saisit le casque d’Einar et l’écrase violemment contre une surface dure.

Pas une simple projection.

Une pression brutale.

Le casque cède.

La tête d’Einar est maintenue et broyée contre le support, comme pour forcer l’obéissance par l’anéantissement physique.

Une fois.

Puis encore. Le choc est public. Humiliant. Injustifiable au regard de la situation réelle.

Quand Einar s’effondre, ce n’est pas seulement son corps qui lâche. C’est ce qui restait de sa confiance dans la hiérarchie.



Convalescence et honte silencieuse



Einar survit. De justesse.

Au Nexus, immobilisé, la douleur est constante. Les maux de tête sont violents. La lumière l’agresse. Mais le plus difficile n’est pas physique.

C’est l’humiliation.

Il n’a pas été corrigé. Il a été écrasé.

Il n’en parle à personne.



La recherche de l’i2



Pendant cette période, l’unité i2 commence à chercher.

Pas à se justifier. À comprendre.

Elle lit son dossier. Puis le relit. Elle recoupe. Elle découvre les redéploiements, la balle dans le dos, l’absence systématique de plainte. Elle comprend que Solberg n’a jamais défié l’autorité. Il l’a toujours absorbée.

La culpabilité devient lourde. Elle réalise que ce qu’elle a infligé n’est pas une correction disciplinaire, mais une violence gratuite contre un homme déjà brisé.

Cette prise de conscience la ronge.



Une relation qui s’installe sans être nommée



Rien ne commence réellement lorsque Solberg reprend le service.

Il n’y a ni rupture nette, ni rapprochement visible. Seulement une continuité étrange, légèrement décalée, comme si quelque chose s’était déplacé sans laisser de trace formelle.

Ils se croisent plus souvent qu’avant. Pas parce qu’ils se cherchent, mais parce qu’ils cessent de s’éviter. Dans les couloirs du Nexus, lors des relèves, à proximité des zones calmes où l’activité retombe, leurs présences finissent par se superposer.

Au début, cela passe inaperçu.

Einar reste réservé, comme toujours. Il écoute. Il observe. Il note ce qui change sans jamais l’interroger. Il remarque que certaines phrases s’arrêtent avant de devenir des ordres, que certaines décisions lui laissent une marge inhabituelle. Rien d’assez flagrant pour être qualifié de faveur.



Les semaines passent.

Les échanges deviennent moins strictement nécessaires. Une remarque échangée alors qu’aucune information utile n’est attendue. Un silence prolongé sans gêne. Une présence maintenue alors que la situation ne l’exige plus.

Avec elle, Einar ne ressent pas cette pression constante qui l’oblige habituellement à se refermer. Il reste sur ses gardes, mais quelque chose se desserre.



Les premiers gestes sont anodins, presque invisibles.

Une main posée brièvement sur l’avant-bras, comme pour retenir une attention. Des doigts qui se referment un instant sur une manche, à l’abri des regards. Un contact limité, toujours neutre en apparence, qui pourrait passer pour un simple réflexe professionnel.

Jamais ailleurs.

Jamais plus bas.

Jamais plus longtemps que nécessaire.

Einar ne se dégage pas.

Et ceux qui connaissent son caractère remarquent cette anomalie.



Parfois, ces gestes se produisent alors que d’autres unités sont présentes. Rien de suffisamment explicite pour déclencher une sanction. Mais assez pour troubler.

Certains interprètent cela comme une forme de favoritisme. D’autres y voient un simple privilège accordé à un i4 réputé pour sa froideur.

La hiérarchie ne tranche pas.

Solberg est trop rigide avec les unités inférieures, trop exigeant, trop dur pour qu’on puisse l’accuser de chercher un quelconque avantage personnel.



Lorsqu’ils se retrouvent seuls, ces instants s’allongent.

Être assis côte à côte dans un local vide. Rester immobiles sans parler. Parfois, leurs mains se rejoignent brièvement, paume contre paume, comme pour s’assurer d’une présence réelle.

Rien n’est échangé.

Rien n’est promis.

Mais ces moments deviennent nécessaires.



Einar comprend alors que ce qui s’installe n’a rien d’évident ni de simple.

Ce n’est pas une échappatoire.

C’est un point d’ancrage fragile, né lentement, presque à contrecœur, dans les interstices d’un système qui n’autorise pas ce genre de proximité.

Et pourtant, il reste.

Il n’avance pas.

Il ne recule pas.

Il tient.



Les semaines passent.

Sans qu’aucun des deux ne prenne réellement l’initiative, une forme de régularité s’installe. Des discussions brèves, techniques au départ, puis légèrement déplacées. Un commentaire hors protocole. Une remarque inutile. Rien de suffisamment clair pour être identifié comme un changement.

Einar remarque pourtant une chose : avec elle, le temps ne pèse pas de la même manière.

Il ne se méfie pas moins.

Mais il ne se referme plus autant.



Les gestes arrivent plus tard.

D’abord infimes. Un contact accidentel qui dure une seconde de trop. Une présence rapprochée dans un espace qui ne l’exige pas. Une main qui reste posée là où elle n’aurait pas besoin de l’être.

Toujours hors regard.

Toujours sans commentaire.

Einar ne s’écarte pas.

Et ce simple fait marque un basculement.



Ils ne parlent jamais de ce qui se construit entre eux. Ce serait inutile. Peut-être dangereux.

Ce qui existe n’a pas besoin d’être formulé pour être réel.

Ils savent simplement qu’en présence de l’autre, quelque chose se relâche. Un poids. Une tension ancienne.

Pas complètement.

Juste assez.



Avec le temps, cette proximité devient un refuge discret. Des moments volés, courts, parfaitement ordinaires en apparence. Être assis côte à côte. Rester immobiles. Partager un silence qui n’est plus lourd.

Einar retrouve, sans l’avoir cherché, une sensation oubliée : celle de ne pas être seul face à ce qu’il porte.

Il n’en fait rien.

Il ne demande rien.

Il accepte.



Cette relation ne progresse jamais au grand jour.

Elle s’approfondit dans les interstices.

Dans ce qui n’est pas vu.

Dans ce qui n’est pas dit.

Et c’est précisément ce qui la rend possible.



Le bar — un lieu ordinaire vidé de son monde



Le bar n’a rien d’exceptionnel.

C’est un ancien établissement citoyen, banal, situé dans un secteur désormais peu fréquenté. Les vitres sont ternies par des années de poussière, les tables encore alignées comme si quelqu’un avait espéré une réouverture qui n’est jamais venue. Officiellement, le lieu est fermé. Plus de flux. Plus de service. Plus de raison d’y être.

Ce soir-là pourtant, les portes s’ouvrent.

Pas par formulaire. Pas par registre. Simplement parce que l’unité i2 prononce quelques mots, montre son identifiant, et que le verrou administratif cède sans discussion. Un privilège discret, jamais consigné.

Ils entrent seuls.

L’air y est différent. Moins saturé. Presque calme. Einar enlève son casque le premier. Il inspire lentement, comme s’il redécouvrait un espace qui n’exige rien de lui.

Ils restent debout un instant, sans se presser. Puis elle retire son casque.

Son visage apparaît sous la lumière fatiguée des néons : pâle, marqué par une fatigue ancienne. Les traits sont tirés mais nets. Les cheveux, argentés par teinture, laissent apparaître aux racines des reflets roux que l’éclairage révèle par endroits. Ses yeux bleus ne cherchent pas à se cacher. Ils sont lourds, attentifs, traversés d’une tristesse qu’elle ne masque plus.

Einar détourne brièvement le regard, par réflexe plus que par gêne. Quand il le relève, elle est toujours là, immobile.

Ils s’installent finalement à une table. Pas face à face. Côte à côte.

Les paroles viennent, puis s’épuisent. Ce ne sont pas des confidences. Juste des phrases simples, sans enjeu. Le silence s’installe sans malaise.

À un moment, sans préméditation apparente, leurs mains se trouvent. D’abord le bout des doigts. Puis les paumes se rejoignent. Le contact est ferme, ancré, sans tremblement. Ils ne se regardent pas.

Ils restent ainsi longtemps.

Quand ils se séparent, le geste est lent. Mesuré. Comme s’ils savaient tous deux que ce moment ne se répéterait pas.

Ils quittent le bar séparément.



La mission — extinction



L’ordre de mission tombe sans emphase.

Une zone civile instable. Un secteur déjà fragilisé par des semaines de tensions. Présence hostile confirmée, mais diffuse. Rien qui justifie une alerte maximale. Rien qui annonce ce qui va suivre.

Einar est affecté au dispositif.

L’unité i2 est désignée en tête.

Dès les premières minutes, Einar ressent une dissonance. Pas une certitude. Une sensation familière, presque physique. Les sons ne portent pas correctement. Les silhouettes civiles sont trop absentes. Les angles morts trop nombreux.

Il ajuste sa position sans le signaler. Il couvre plus large. Il ralentit légèrement.

Il ne la quitte pas vraiment du regard.



L’engagement survient plus loin dans le secteur.

Confus. Mal coordonné.

Des tirs éclatent depuis des zones supposées sécurisées. Les communications saturent. Les unités se dispersent sous la pression.

Einar agit mécaniquement. Neutraliser. Avancer. Protéger.

Il progresse avec la certitude que quelque chose manque.

Quand la zone est finalement sécurisée, le silence retombe brutalement.

Einar fait le compte.

Une absence.



Il remonte la zone à rebours.

Il la trouve en dernier.

Le corps est étendu à découvert, figé dans une posture imparfaite. Le casque est fracturé sur l’avant, fendu de manière irrégulière. Une partie de la coque a cédé, laissant passer la lumière.

Les optiques ne s’allument plus.

À travers l’ouverture, Einar voit ses yeux.

Vides.

Fixes.

La lumière du jour s’y reflète sans être arrêtée.

Il s’agenouille.

Il pose une main sur l’épaule de l’armure. Elle est encore tiède.

Il comprend immédiatement.



Il reste là plus longtemps que nécessaire.

Personne ne le presse.

Quand il se relève, quelque chose s’est éteint.

Ce n’est pas de la colère.

Ce n’est pas du chagrin visible.

C’est la disparition complète de ce qui restait de chaleur.

Il termine la mission.



Après — ce qui hante



Après la mission, Einar ne change pas immédiatement.

C’est ce qui frappe le plus ceux qui l’observent.

Il continue de se lever à l’heure. D’exécuter. De répondre. Ses rapports sont toujours propres. Ses décisions toujours efficaces.

Mais ce n’est plus de la retenue.

C’est une transformation.



La nuit, pourtant, elle est là.

Le casque fracturé. La lumière qui traverse la fissure. Les yeux ouverts, vides, incapables de se fermer.

Ces images ne reviennent pas comme des souvenirs.

Elles reviennent comme des intrusions.

Il ne se réveille pas en sursaut. Il ne crie pas. Il reste immobile, les yeux ouverts, jusqu’à ce que le corps accepte de repartir.



Très vite, ceux qui travaillent avec lui sentent la différence.

Avant, Solberg était froid.

Désormais, il est chargé.

Sa présence devient lourde. Son regard s’attarde. Il ne juge pas, mais il pèse. Les recrues parlent moins. Les i5 évitent ses patrouilles quand ils le peuvent. Non par peur d’une sanction immédiate, mais parce qu’ils ressentent quelque chose de plus brut.

Une hostilité silencieuse.



Ce n’est plus seulement le chaos qu’il méprise.

C’est tout ce qui rappelle la fragilité humaine.

L’indécision. L’hésitation. Les compromis inutiles.

Il devient plus dur. Plus strict. Plus implacable.

Pas par sadisme.

Par nécessité.



La tristesse ne l’a pas brisé.

Elle a été remplacée.

Par une haine froide, dense, permanente.

Une haine qui ne cherche pas à détruire au hasard.

Une haine qui lui donne une direction.



C’est cette haine qui le fait avancer.

Qui lui permet de continuer à marcher dans des zones où d’autres ralentissent.

Qui le maintient debout quand le reste n’a plus d’importance.

Il n’y trouve aucun plaisir.

Mais il y trouve un moteur.



Quand viendront plus tard les décisions qualifiées d’« initiative excessive », cette haine sera déjà là.

Pas visible.

Mais active.

Et ceux qui liront son dossier comprendront trop tard que ce n’était plus la loyauté seule qui le faisait tenir.

C’était ce qui restait quand tout le reste avait disparu.



La nuit, pourtant, elle est là.

Il revoit le casque fracturé. La lumière traversant la fissure. Le reflet vide dans ses yeux.

Il se surprend parfois à ralentir en patrouille, comme s’il s’attendait encore à la voir apparaître à un angle.

Cela n’arrive jamais.



Les moments de calme deviennent pénibles.

Le silence qu’il partageait avec elle n’existe plus. Il est remplacé par un vide lourd, oppressant.

Il comprend alors quelque chose avec une clarté douloureuse :

Elle était la dernière chose qui le retenait.

La dernière présence qui lui permettait de supporter le reste.

La dernière fois où il a éprouvé quelque chose qui ressemblait à du bonheur.



Quand viennent ensuite les décisions qu’on qualifiera d’"initiative excessive", Einar ne cherche pas à les justifier.

Il agit.

Parce que plus rien ne l’attache.

Parce que l’ordre, désormais, est la seule chose qui ne disparaît pas.



L’incident majeur — ARCHIVE RESTREINTE



AVIS INTERNE — PROTECTION CIVILE
ACCÈS RÉSERVÉ : OFFICIERS / COMMANDANTS / DIRECTION PC

Matricule concerné
: 46973
Dernier grade : i4
Lieu : Cité 8
Classification : INCIDENT MAJEUR / ACCÈS LIMITÉ



Contexte général :
Dans les semaines ayant suivi la reprise de service de l’unité Solberg, plusieurs éléments ont été signalés concernant son positionnement opérationnel, son influence sur les unités inférieures et sa place au sein des dispositifs sensibles.

L’unité concernée présentait une efficacité constante, mais également une rigidité accrue et une capacité d’initiative marquée, parfois en décalage avec les attentes hiérarchiques locales.



Éléments déclencheurs :
Lors d’une opération de sécurisation impliquant une zone civile instable, l’unité Solberg a pris une décision d’initiative visant à contenir une situation jugée critique.

Cette décision, bien que techniquement efficace, a entraîné un contournement temporaire de la chaîne hiérarchique directe.

Aucune perte civile n’a été constatée.



Analyse interne :
L’incident a mis en lumière une autonomie opérationnelle jugée excessive pour le grade détenu, ainsi qu’une influence disproportionnée sur les unités présentes sur zone.

Plusieurs témoignages font état d’une obéissance immédiate des unités inférieures aux directives de Solberg, parfois au détriment des ordres transmis par des échelons supérieurs.



Décision :
Considérant le risque de déséquilibre hiérarchique et la difficulté à recadrer le sujet sans escalade disciplinaire, la direction a statué pour une mesure corrective lourde.

— Rétrogradation disciplinaire
— Clôture du dossier i4
— Relocalisation vers Cité 24
— Maintien sous observation comportementale renforcée



Note confidentielle :
La disparition de l’unité i2 lors d’une opération à laquelle l’unité 46973 était directement associée a renforcé la centralité opérationnelle et l’influence informelle de Solberg au sein des effectifs locaux.

Bien qu’aucune faute directe ne puisse être établie, la convergence entre cet événement et les décisions d’initiative prises ultérieurement par l’unité concernée a été jugée incompatible avec le maintien de son grade.

La mesure de rétrogradation vise à rompre tout point d’ancrage émotionnel et hiérarchique susceptible d’altérer la stabilité de la chaîne de commandement.



VII — RECRUE À C24


À Cité 24, les arrivées ne sont jamais silencieuses bien longtemps.

Lorsqu’une nouvelle recrue franchit les contrôles, l’information circule vite — non pas comme une rumeur inquiétante, mais comme une habitude. Ici, on accueille. On encadre. On observe, sans hostilité.

Solberg arrive sans escorte particulière. Sans mention spéciale. Un nom sur une liste. Une recrue parmi d’autres.

Rien, officiellement, ne le distingue.



La première chose que les unités remarquent n’est pas son grade.

C’est son calme.

Il ne regarde pas autour de lui avec curiosité. Il ne fixe pas le Nexus avec cette hésitation propre aux nouveaux arrivants. Il ne semble pas non plus chercher de repères.

Il avance simplement.

Pas avec arrogance. Pas avec nervosité.

Avec une assurance contenue, presque discrète.



Très vite, les unités de C24 font ce qu’elles font toujours.

On l’aborde.

Un i5 lui explique brièvement les routines locales. Une autre recrue lui indique où déposer son équipement. Plus tard, un cadre supérieur — capitaine ou équivalent — prend quelques minutes pour échanger quelques mots. Rien de formel. Juste un contact humain, une manière de rappeler que la structure tient aussi par ça.

Solberg écoute.

Toujours.

Il répond quand il le faut. Poliment. Brièvement. Sans maladresse.

Il ne donne aucune information inutile.



Aux yeux des autres, il n’est pas effrayant.

Il n’est pas distant non plus.

Il est simplement différent.

Quelqu’un glisse qu’il a dû recevoir un entraînement sérieux. Quelqu’un d’autre note qu’il se place naturellement là où il faut lors des déplacements. Rien de plus.

Personne ne parle de grades passés.

Personne ne parle de rétrogradation.

Ces informations n’existent pas à ce niveau.



Lors de la première patrouille d’intégration, Solberg se conforme aux consignes locales.

Il ne prend pas la tête du groupe.

Il ne se met pas en retrait non plus.

Il suit.

Mais il suit bien.

Quand une recrue hésite, il ne la devance pas. Il ne la corrige pas ouvertement. Il laisse l’i5 ou l’unité référente faire son travail.

S’il intervient, c’est uniquement lorsque la situation l’exige réellement.

Sans commentaire.

Sans regard appuyé.



À la fin de la patrouille, l’ambiance est normale.

Les échanges reprennent. Les plaisanteries légères aussi.

Solberg ne s’y mêle pas beaucoup, mais il ne les fuit pas.

Il est là.

Présent.



Les jours suivants confirment cette impression.

Solberg n’est pas une recrue maladroite. Il n’est pas non plus exceptionnel de manière flagrante.

Il exécute correctement.

Il apprend vite.

Il pose peu de questions.

Il ne cherche pas à impressionner.



Certains cadres notent simplement, dans leurs rapports internes, une observation neutre :
« La recrue Solberg présente une bonne discipline et une aisance inhabituelle pour un premier déploiement. À suivre dans un cadre standard. »
Rien de plus.

Aucune alerte.

Aucune mise sous surveillance particulière.



À Cité 24, Solberg est donc ce qu’il doit être.

Une recrue.

Pas une menace.

Pas une anomalie.

Juste un homme qui semble déjà savoir comment tenir.

Et pour l’instant, cela suffit.


DOSSIER ACTIF — PROTECTION CIVILE


UNITÉ : ROLLER.751​

STATUT : ACTIF
CITÉ : C24
GRADE ACTUEL : i5
DATE D’ACTIVATION : 2015
ORIGINE : Relocalisation disciplinaire (détails classifiés)


IDENTIFICATION OPÉRATIONNELLE​

Indicatif radio : ROLLER.751
Ancien matricule : ▮▮▮▮▮ (non accessible)
Profil : Sécurité / Maintien de l’ordre / Intervention standard
Condition physique : Conforme — endurance élevée
Condition mentale : Fonctionnelle — stabilité sous stress confirmée


ÉVALUATION INITIALE — C24​

L’unité ROLLER.751 a été intégrée aux effectifs de C24 sans incident.

La période de recrue s’est déroulée conformément aux protocoles standards. Aucun retard, aucune contestation, aucune anomalie disciplinaire.

L’unité démontre une assimilation rapide des routines locales, une compréhension claire des zones de tension et une capacité d’adaptation immédiate aux consignes de patrouille.

La promotion au grade i5 a été validée automatiquement selon les règles en vigueur à C24.


COMPORTEMENT OBSERVÉ​

L’unité se distingue par un comportement strictement professionnel.

— Communication minimale, claire, sans variation émotionnelle notable
— Respect absolu de la chaîne de commandement
— Aucune initiative hors protocole observée à ce stade
— Réactivité élevée en situation dégradée

L’unité n’exprime aucune recherche de reconnaissance ou d’avancement.


INTERACTIONS AVEC LES AUTRES UNITÉS​

L’unité ROLLER.751 est décrite comme calme, réservée et fiable.

Les recrues et i5 adjacents signalent une présence rassurante mais peu engageante. L’unité répond systématiquement aux sollicitations opérationnelles, sans s’imposer ni se retirer.

Aucun comportement de dominance ou de retrait excessif n’a été constaté.


ÉVALUATION PSYCHO-COMPORTEMENTALE (SYNTHÈSE)​

— Gestion du stress : excellente
— Attachement émotionnel visible : nul
— Agressivité non contrôlée : absente
— Motivation principale identifiée : devoir / ordre / continuité

Note : l’unité présente une rigidité émotionnelle marquée, jugée compatible avec les fonctions actuelles.


OBSERVATIONS HIÉRARCHIQUES​

« L’unité fonctionne sans friction. »
« Exécute sans discuter. »
« Profil stable, sans bruit. »
Aucune mesure corrective requise.


STATUT ACTUEL​

ROLLLER.751 est considéré comme pleinement opérationnel au sein de la Protection Civile de C24.

Aucun suivi renforcé n’est requis au-delà des procédures standards.


Bravo ! Vous êtes arrivé à la fin de cette fiche roleplay interminable !
J'espère qu'elle vous a plu en tous cas, j'ai aimé la faire personnellement !
Elle est très très longue, je sais, à l'avenir je ferai sûrement plus cours. Je n'ai pas d'autre personnage avec un background aussi épais de toute manière !
Comme dit au début, toutes les scènes RP hors background citoyen et incident majeur sont arrivées en jeu. Aussi bien que les tentatives de meurtre que la relation très bizarre avec la 02 ( je ne sais toujours pas pourquoi et comment c'est arrivé mais je ne vais pas chercher).
En tous cas, je vous remercie pour votre lecture, vos commentaires et votre appréciation sur la fiche du cremator m'ont fait plaisir ^^

PS : Tous les officiers PC peuvent utiliser les informations sensibles de cette fiche en roleplay, techniquement si vous lisez cette fiche vous êtes informé des antécédents de 751 ^^
 
Dernière édition:
C'est excellent j'ai rarement vu autant d'implication, bravo !
 
Quelle Magnifique Roman,

Parcontre

OOF Le Nombre de page 👀
Mais ca fait plaiz de voir du Lore sur un perso et qui est pas vide de "Vie" et "Personnalité" Ducoup :)

Vrai pt'it Banger
 
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